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Palier Gilbert

Clan-Clan

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Clan-Clan

Préface CLAN-CLAN de Gilbert Palier
par Laurent Ayme,
Maître d'oeuvre du Félibrige.


J'ai lu avec beaucoup de plaisir les contes de M. Gilbert Palier sur « CLAN-CLAN » pêcheur braconnier bien connu. Ce personnage hors du commun, qui encore aujourd'hui 50 ans après sa « despartido » représente l'image réelle des « SANTEN » du siècle dernier. En effet, à l'époque, il était difficile de vivre et de nourrir une famille, sans puiser dans la faune sauvage et naturelle du biotope camarguais.

Comme l'on dit, hier avant moi, les chercheurs scientifiques, la Camargue a toujours nourri ses hommes. Sur cette terre inhospitalière, désertique et très peu peuplée, le gibier et le poison étaient très abondants. Par exemple, la densité de lapin était telle, que les gros propriétaires terriens se trouvaient dans l'obligation de payer des « leveurs braconniers » afin de protéger leurs récoltes. Quant aux poissons, lorsque l'été les baïsses et les petits étangs se desséchaient, plusieurs tonnes de poissons blancs servaient de pâture aux oiseaux de mer et aux petits mammifères. Aussi, ce que l'on pourrait considérer, à ce jour, comme du braconnage, à cette époque n'était même pas une peccadille sur laquelle les gardes fermaient aimablement les yeux. C'est pourquoi tout naturellement, les « SANTEN » soit petit pêcheurs, soit petits agriculteurs, vivant de très petits revenus, n'avaient d'autres ressources l'hiver, que de se servir sur le pays.

Cependant, et c'est ce que nous fait ressortir Gilbert Palier, parmi tous ces congénères, CLAN-CLAN, avait une façon tout à fait personnelle de pratiquer ces petits méfaits. Son humour inné, sa bonhomie proverbiale et ses connaissances infinies de la Camargue lui aient attiré la sympathie des manadiers et des gardians, tel que le marquis de Baroncelli et de Joseph d'Arbaud, ainsi que des artistes peintres ou poètes tels que Herman Paul, Ivan Pranisnikoff et d'autres, qui n'hésitaient pas à faire appel à lui, soit pour les aider dans leurs tâches journalières soit simplement pour l'écouter afin de s'inspirer de ses histoires.

Gilbert, dans son recueil, le dépeint avec beaucoup de sincérité. Pourtant il était beaucoup plus jeune que lui, mais une figure de légende comme celle de CLAN-CLAN, alimente les conversations des anciens et attire la curiosité des jeunes. D'autant que fils du facteur qui, par tradition, connaît toutes les nouvelles du village, le jeune Gilbert les a retenues afin de nous en faire profiter. Il s'est élevé dans les « sansouires » et les « enganes » où fleurit la saladelle, en suivant en cachette son idole. Amoureux inconsidéré de la Camargue et des Saintes Maries, malgré l'éloignement de sa terre natale pour obligation professionnelle, il est toujours venu se ressourcer auprès de ses grands-parents et des ses amis. Par passion, il a collectionné beaucoup de souvenirs, articles de presse, photographies d'époque qui lui ont permis de faire ses premiers pas de conteur sur « l'Espero » le journal de l'association de Défense du Patrimoine Culturel et Naturel Camarguais dont il est un animateur exceptionnel.
Autodidacte, il s'est formé par amour pour son village et profite d'une retraite bien gagnée, pour se perfectionner dans ses connaissances.

Aussi, nous sommes nombreux à apprécier son travail et nous souhaitons aux lecteurs de ce petit ouvrage, de trouver dans ces pages l'envie de mieux connaître nos traditions camarguaises et de comprendre, pourquoi on est si heureux de vivre aux Saintes Maries, Capitale de la Camargue.