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Gay Michel

Ivan Pranishnikoff
Edition Perrin (2002)

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Ivan Pranishnikoff
Edition Perrin (2002)

Extrait p.48
Pendant toute la période européenne, située de 1879 à 1909, le dynamique « Peintre du Tzar » réussit l'exploit de figurer presque simultanément, à Paries, en Russie et bientôt en Provence.

En effet, Ivan Pranishnikoff rêve, comme Alphonse Daudet, de trouver une région calme où il puisse se reposer de la vie factice et « des fièvres de Paris » pour redécouvrir, entre ciel et terre, l'heureuse alliance de la faune et de la flore, source d'inspiration.

Quelques amis parmi lesquels Alphonse Daudet, lui suggèrent le « grand sud » où, entre les bras du Rhône, se trouve un coin perdu, sorte d'éden privilégié constitué de steppes restées à l'état sauvage. Là, quelques gardians idolâtrent encore, en symbiose avec la nature, d'étranges divinités paiennes, incarnées par le fringuant Cheval quaternaire, le fier Taureau dernier survivant de l'auroch préhistorique, le Flamant rose et d'autres espèces rares qui vivent et se reproduisent en toute liberté.

Ivan part donc en reconnaissance vers cette mystérieuse Camargue qui semble correspondre à ses aspirations. Envoûté par ce pays qui lui permet d'errer, peindre, rêver et méditer librement, il jure d'y revenir et de s'y fixer. Avant d'en décider, il y retourne plusieurs fois, seul ou avec Joséphine, pour visiter Arles, Fontvieille, les Baux, Saint Rémy, Avignon, Tarascon, Beaucaire, les Alpilles, la Crau et la Camargue'

Extrait p.52
['] le plaisir d'Ivan est de parcourir la Camargue en « broussard », le fusil en bandoulière, pour chasser le col vert, le lapin ou autre sauvagine, dans les enganes, les bois ou les salicornes fleuries, sa chienne Diane gambadant à ses côtés. Respectant scrupuleusement les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse, il s'interdisait de consommer du gibier pendant la période prohibée, même si on le lui offrait.

Cette extrême probité lui vaut le respect de chacun et l'estime générale, assortis d'une sincère affection. Car Ivan réussit pleinement à s'identifier au pays, à aider les Gardians et à partager leur vie avec beaucoup de simplicité et de gentillesse. Il jette les filets de pêche, manie le trident et conduit les taureaux de la manade mieux que les indigènes qui admirent les multiples facettes de son talent. En particulier son habileté à monter les élégants chevaux de la manade du Marquis, habileté qui n'a rien à envier à celle de se lointains ancêtres Tatars. Tout le monde ici connaît et apprécie « Moussu Ivan » et « Madame Ivan » qui compteront vite parmi les premiers notables du village.