Les auteurs
Recherche :

Daudet Alphonse

Biographie
Daudet, Alphonse (1840-1897), romancier et conteur français, chantre de la Provence.
Né à Nîmes, Alphonse Daudet fit ses études secondaires à Lyon. Jeune provincial monté à Paris, il y connut des débuts difficiles. Il occupait le poste de secrétaire auprès du duc de Morny, personnage influent du second Empire, quand celui-ci mourut subitement, en 1865: cet événement fut le tournant décisif de la carrière de Daudet. Dès lors, ce dernier ne se consacra plus qu'à l'écriture, non seulement comme chroniqueur - notamment au Figaro - mais aussi comme romancier. C'est après un voyage en Provence qu'il commença à rédiger les premiers textes des Lettres de mon moulin. Daudet obtint de Villemessant, le directeur du journal l'Evénement, de publier en feuilleton ses Lettres pendant tout l'été 1866, sous le titre de Chroniques provinciales. C'est ce feuilleton, remanié et augmenté, qui constitua le recueil des Lettres de mon moulin en 1869. L'ouvrage était porté par la mode du provençal, que Frédéric Mistral avait lancée peu auparavant. Le 12 septembre 1869, Mistral écrivait d'ailleurs à Daudet:
«Tu as résolu avec un merveilleux talent ce problème difficile: écrire le français en provençal. Ainsi tu pourras désormais t'abstenir de signer tous tes livres. Tout le monde les reconnaîtrait à la frappe, comme ces admirables monnaies grecques qui portent la tête de Massilia». Certains des récits de ce recueil sont restés parmi les histoires les plus populaires de notre littérature: c'est le cas de «la Chèvre de M. Seguin», de «les Trois Messes basses» ou de «l'Elixir du révérend père Gaucher».
Le premier vrai roman de Daudet, le Petit Chose (1868), était largement autobiographique puisqu'il évoquait de façon à peine romancée ses souvenirs de maître d'étude au collège d'Alès. C'est seulement en 1874 que Daudet aborda le roman de m'urs, avec Fromont jeune et Risler aîné, qui fut suivi par d'autres romans du même type, comme Jack (1876), le Nabab (1877), les Rois en exil (1879), Numa Roumestan (1881) ou l'Immortel (1883). Dans son travail d'écrivain, Daudet était fidèle à une méthode d'observation dont il trouvait le modèle chez Flaubert ou les Goncourt: il notait sur un carnet les détails tirés du réel qui pouvaient constituer la substance d'un récit. Mais son 'uvre, éclairée simultanément par le pathétique et par l'humour, apparaît déjà loin du naturalisme par son sentimentalisme. Les fréquentes interventions d'auteur, vives et spirituelles, y contribuent également au plaisir du texte, même si aujourd'hui, la verve du romancier semble un peu bavarde.
Malgré son intense activité de romancier et de dramaturge - il écrivit dix-sept pièces -, Daudet ne négligea pas pour autant ses travaux de conteur: en 1872, il créa son personnage mythique, Tartarin de Tarascon, célèbre hâbleur dont les aventures se déroulaient sur plusieurs volumes. Les Contes du lundi (1873), recueil de contes sur la guerre franco-prussienne, témoignent aussi de son goût pour ce genre et pour les récits merveilleux.
Sa gloire d'auteur de contes pour la jeunesse et de chantre de la Provence pittoresque ont masqué l'importance de Daudet romancier et la puissance de ses récits réalistes.

Bibliographie
1858 : Les Amoureuses
1866 : Douze Lettres de mon moulin paraissent dans l'Évènement
1868 : Le Petit Chose
1869 : Lettres de mon moulin
1871 : L'Arlésienne
1872 : Tartarin de Tarascon
1873 : Contes du lundi
1874 : Fromont Jeune et Risler Aîné
1876 : Jack
1877 : Le Nabab
1879 : Les Rois en exil
1881 : Numa Roumestan
1883 : L'Évangéliste
1884 : Sapho
1885 : Tartarin sur les Alpes
1889 : L'Immortel
1890 : Port-Tarascon
1895 : La Petite Paroisse
1897 : Soutien de Famille


Extraits disponibles

La Cabane (poésie)

Lire un extrait